Collection Légendes · Édition limitée
La bataille de Paos Koto
Bataille de Pathé Badiane, ou bataille du ravin de Paoskoto
« Il y a des noms qu’on récite… et des noms qu’on porte. »
Le 30 novembre 1865, au ravin de Paoskoto, la coalition menée par Maba Diakhou Bâ et Lat Dior met en déroute la colonne coloniale du gouverneur Pinet-Laprade.
À partir de 65 000 FCFA · Signée et authentifiée

L’histoire
Ce que le tableau raconte
La bataille de Pathé Badiane, également appelée bataille du ravin de Paoskoto, livrée le 30 novembre 1865 à une dizaine de kilomètres au nord de Nioro du Rip, constitue l’un des moments les plus singuliers de l’histoire du Sénégal. Véritable carrefour politico-religieux, cet affrontement victorieux contre la colonne expéditionnaire française du gouverneur Pinet-Laprade a réuni, sur le champ de bataille, dans la logistique stratégique ou dans l’arrière-garde spirituelle à Nioro et Porokhane, la quasi-totalité des grandes lignées royales et maraboutiques de la Sénégambie du XIXe siècle.
Le commandement suprême et les chefs d’État alliés
Présents sur le terrain. L’armée du Rip à Pathé Badiane n’était pas une simple troupe locale, mais une coalition souveraine réunissant les figures de proue du Saloum, du Cayor, du Baol, de Nioro du Rip et du Djolof.
Damel-Teigne Lat Dior Ngoné Latyr Diop1842 – 1886
Roi déchu du Cayor, réfugié auprès de Maba depuis 1864. Il est le véritable cerveau tactique de la bataille : c’est lui qui conçoit le piège de la cuvette de Pathé Badiane (contrôle des points d’eau, tranchées parallèles dissimulées dans les hautes herbes, encerclement et neutralisation de l’artillerie française).
L’Almamy Tafsir Maba Diakhou Bâ1809 – 1867
Chef de la coalition, Almamy du Rip-Badibou, guide spirituel et militaire. Il assure à la fois la direction morale par la prière et le commandement général face aux troupes coloniales.
Bourba Alboury Ndiayevers 1847 – 1902
Futur roi du Djolof, alors jeune prince en exil au Rip avec sa mère Seynabou Ndiaye et ses guerriers. Il combat en première ligne au sein de la cavalerie, aux côtés de Lat Dior.
Farba Demba War Sall
Chef des Tiedos (Ceddo) de la Couronne du Cayor et lieutenant principal de Lat Dior. Alors qu’un coup de feu prématuré menace de dévoiler l’embuscade trop tôt, il joue un rôle décisif en maintenant la discipline dans les rangs et en évitant une déroute.
Mamour Ndary Bâ
Frère cadet de Maba Diakhou Bâ, commandant d’aile de l’armée du Rip et futur successeur de Maba à la tête de l’Almamyat de Nioro.
Abdoulaye Ouli Bâ et Ousmane Bâ
Frères de Maba Diakhou Bâ et chefs militaires de premier plan dans le dispositif de défense du Rip.
Bounama Dior
Chef de guerre du Cayor fidèle à Lat Dior, engagé au cœur des assauts contre l’avant-garde française.
El Hadji Abdoulaye Niass1848 – 1922
Alors jeune combattant de 17 ans engagé dans le Jihad de Maba, le futur fondateur de la branche niassène de la Tidjaniya à Kaolack dirige une patrouille qui affronte directement le détachement du lieutenant français Le Clairet.
Bocar Alpha Kane
Agent de renseignement stratégique de Maba et de Lat Dior. Infiltré dans le camp adverse en amont, il fournit les informations exactes sur l’itinéraire et la composition de la colonne de Pinet-Laprade, ce qui permet de tendre le piège au ravin de Paoskoto.
Goumbo Guèye, de Sandial
Général et chef de province du Saloum, rallié à Maba Diakhou Bâ.
Birane Cissé, Ndiaga Issa et Matar Kalla DraméMatar Kalla Dramé est inhumé à Ndimb
Grands chefs de guerre et lieutenants marabouts de l’armée du Rip, qui tenaient les provinces et les colonnes armées autour de Nioro.
Mama Gaolo Niang, Tafsir Sa Lolley Jabou Samba, Sed Kani Touré et Ndari Kani Touré
Commandants et dignitaires militaires de l’état-major de Maba Diakhou Bâ.
Les figures spirituelles, érudits et pôles mystiques
Soutien spirituel et présence au Rip. La particularité de Nioro du Rip en 1865 est d’avoir accueilli l’élite intellectuelle et spirituelle musulmane du Cayor, du Djolof et du Fouta, venue soutenir le projet d’État islamique de Maba. Plusieurs figures majeures ont participé spirituellement à la victoire, ou vécu cette journée historique depuis les foyers religieux de Nioro et de Porokhane.
Serigne Mame Mor Anta Saly Mbacké1822 – 1881
Père de Cheikh Ahmadou Bamba, grand érudit, cadi (juge islamique) et conseiller de Maba Diakhou Bâ et de Lat Dior. Installé à Porokhane, à quelques kilomètres du champ de bataille, il assure le soutien spirituel et juridique de la communauté.
El Hadji Mamadou NiassPère d’El Hadji Abdoulaye Niass
Grand érudit et maître coranique installé dans le Rip à l’appel de Maba, il participe à l’effort spirituel et à l’enseignement religieux de la résistance.
Serigne Koki Ndiaga Issa Diop
Grand marabout de Koki, grand-père maternel de Mame Thierno Birahim Mbacké, dont la lignée et les disciples étaient étroitement liés au mouvement de réforme islamique de Maba.
Tafsir Balla Mbacké et Ibra Penda Mbacké
Membres de la famille Mbacké présents dans le Rip durant l’exil de la communauté du Cayor auprès de Maba.
Le camp franco-allié
Pour une lecture historique complète de la bataille, il faut aussi mentionner les officiers et les auxiliaires qui ont marché avec la colonne française, forte d’environ 1 600 soldats réguliers et de plus de 2 000 volontaires africains.
Colonel Émile Pinet-LapradeGouverneur du Sénégal
Commandant en chef de l’expédition punitive française. Il est grièvement blessé d’une balle à l’épaule gauche dès le début de l’embuscade.
Capitaine Croizier, commandant Jullien, capitaine RevinOfficiers de l’artillerie et du génie
Engagés au cœur de la mêlée. Le capitaine Croizier y perd la vie, et deux canons français tombent aux mains des hommes de Maba et de Lat Dior.
Tiécoro et Samba FallInterprètes principaux
Présents au sein de l’état-major de Pinet-Laprade durant l’engagement dans le ravin.
Faidherbe : absent, mais à l’origine du conflit
Louis Faidherbe n’était pas présent lors de la bataille de Pathé Badiane : il figure sur le tableau de façon symbolique. Il avait définitivement quitté le Sénégal sept mois plus tôt.
Il achève son second mandat de gouverneur le 1er mai 1865 et passe officiellement le commandement à son bras droit, le colonel Émile Pinet-Laprade, avant d’embarquer à Saint-Louis pour la France. Le 30 novembre 1865, au moment où ses anciennes troupes tombent dans l’embuscade, il se trouve en Algérie, à la tête de la subdivision militaire de Bône (l’actuelle Annaba).
Bien qu’absent, Faidherbe est à l’origine directe des tensions qui ont mené à Pathé Badiane :
- C’est lui qui avait chassé Lat Dior du Cayor en janvier 1864, après la bataille de Loro, poussant le Damel à se réfugier dans le Rip auprès de Maba Diakhou Bâ.
- En octobre 1864, il avait imposé un traité à Maba, tout en alertant le ministère des Colonies, à Paris, sur le danger majeur que représentait l’alliance entre Maba et Lat Dior pour l’hégémonie française.
- Avant son départ, au printemps 1865, il avait laissé à Pinet-Laprade des instructions strictes visant à briser l’influence du marabout du Rip dès que les renforts militaires le permettraient.
C’est donc Émile Pinet-Laprade, qui avait longtemps servi sous les ordres de Faidherbe comme directeur des Affaires indigènes et commandant supérieur de Gorée, qui dirigeait seul la colonne française à Pathé Badiane, et qui y fut blessé à l’épaule.
La portée historique
La bataille de Pathé Badiane demeure l’une des rares batailles rangées où les forces coalisées sénégalaises ont mis en déroute une colonne coloniale française lourdement armée, forçant un gouverneur blessé à battre en retraite vers Kaolack et ralentissant de plusieurs années l’expansion coloniale dans le bassin arachidier.
La vidéo
Le tableau raconté, en une minute
Les personnages, les détails du tableau et la musique « Niani bagn na », revisitée.
Qui est qui ?
Les personnages du tableau

Lat Dior
Damel-Teigne Lat Dior Ngoné Latyr Diop (1842 – 1886)
Roi du Cayor
En haut, au centre : le cavalier au fusil, cape rouge, sur un cheval gris.
Le cerveau tactique de la bataille : c’est lui qui conçoit le piège de la cuvette de Pathé Badiane.

Maba Diakhou Bâ
L’Almamy Tafsir Maba Diakhou Bâ (1809 – 1867)
Almamy du Rip-Badibou
À gauche : l’homme en robe noire, une ceinture rouge autour de la taille.
Chef de la coalition, guide spirituel et militaire : il dirige la prière et le commandement général.

Alboury Ndiaye
Bourba Alboury Ndiaye (vers 1847 – 1902)
Prince du Djolof
Au centre, au premier plan : la cape rouge, l’épée levée, le pied sur Pinet-Laprade.
Jeune prince en exil au Rip, futur roi du Djolof, il combat en première ligne dans la cavalerie, aux côtés de Lat Dior.

Émile Pinet-Laprade
Gouverneur du Sénégal
Au premier plan : l’officier à terre, en uniforme noir aux épaulettes dorées.
Commandant en chef de l’expédition française, grièvement blessé à l’épaule gauche dès le début de l’embuscade.

Demba War Sall
Farba Demba War Sall
Chef des Tiedos du Cayor
À droite : le cavalier au turban, la lance levée.
Lieutenant principal de Lat Dior. Quand un coup de feu prématuré menace de trahir l’embuscade, il maintient la discipline dans les rangs.

Louis Faidherbe
Ancien gouverneur du Sénégal
À droite : l’officier tout en blanc, sabre au poing.
Absent le jour de la bataille (il était en Algérie), il figure ici comme symbole : c’est lui qui avait chassé Lat Dior du Cayor et préparé l’expédition.
Lire le tableau. Le tableau est une interprétation artistique. Il rassemble dans une même scène des figures de la résistance et de la conquête : Faidherbe n’était pas sur le champ de bataille ce jour-là, et certains gestes, comme le pied d’Alboury Ndiaye sur Pinet-Laprade, sont symboliques.
L’œuvre
Dessinée trait après trait
Par nos artistes, pour que nos enfants sachent.
- Référencement et direction artistique
- Samba Thiongane
- Croquis
- Seydou Sissokho
- Composition noir et blanc et mise en couleur
- Chris Alan Gauthé
© KoccGa, 2025. Reproduction interdite.
Édition limitée
Chaque toile est signée et accompagnée de son certificat d’authenticité. Le tirage est limité et ne sera jamais réimprimé dans ce format.
- 40 × 60 cmSous verre65 000 FCFA
- 60 × 80 cmToile sur châssis et caisse américaine130 000 FCFA
- 90 × 120 cmToile sur châssis et caisse américaine300 000 FCFA
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